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Qu'était le Cap-vert AVANT Cesária ! Un pays complètement ignoré du monde. Déjà que l'indépendance du pays n'ait été proclamée qu'en juillet 1975. Le Cap-Vert avant 1975 faisait encore partie de l'Empire colonial portugais.
Et puis est arrivée Cesária Evora !
Dans les années 1970, elle était déjà connue dans tout le Cap-Vert mais pas chez nous. Tout a commencé quand Cesária, un soir, se produisait dans un petit restaurant de Lisbonne fréquenté par la diaspora capverdienne. Ce soir là, 1987, dans le public, il y a José Da Silva, un jeune cheminot français, de passage à Lisbonne. Né à Praia, dont la famille maternelle était originaire de Mindelo, percussionniste par passion, il est touché par la voix de Cesária et lui propose de travailler avec lui… Il décide même de devenir producteur de musique à ses frais. En 1988, il crée le label Lusafrica pour la chanteuse, et lui fait enregistrer son premier album.
Moi, j'ai découvert l'existence du Cap-Vert et sa musique surtout en 1988 lors d'une mission professionnelle à Lisbonne. On était allé dans une boite capverdienne à Lisbonne au Bairro Alto.
De 1992 à 1999 Cesária s'est énormément produite en France, elle a donné de nombreux concerts dans les festivals et dans les salles parisiennes. C'est à cette période que je l'ai croisée dans mon travail. A suivi la carrière internationale que l'on connaît.
En septembre 2011, Cesária décide de mettre fin à sa carrière et d'annuler les concerts à venir à la suite de problèmes de santé. Elle meurt le 17 décembre 2011 à l'hôpital Baptista de Sousa, à São Vicente, des suites d'une insuffisance respiratoire.
La République du Cap-Vert, qui lui avait déjà rendu hommage avec une série de trois timbres émis en 2003, décréta trois jours de deuil national, et baptisa de son nom en 2012 l'aéroport de Mindelo, à proximité duquel est érigée une statue de la chanteuse.
La maison de Cesária Évora à Mindelo est transformée en un musée consacré à la diva.
Cesária n'habita jamais cette maison.
Le terme "Sodade" est un mot de créole capverdien. Il vient de "saudade" qui exprimerait une "tristesse empreinte de nostalgie, quand une personne se sent dépossédée de son passé".
La chanson parle d’une séparation entre deux êtres qui s’aiment. L’un est resté au Cap-Vert (São Nicolau, dans la chanson), et l’autre est parti pour São Tomé.
Cette chanson est le symbole d'une période d'émigration dramatique vers São Tomé et Príncipe, un archipel situé en face du Gabon, qui comme le Cap-Vert sont d'anciennes colonies portugaises. Jusqu’au début des années 70, de nombreux Cap-Verdiens se sont exilés à São Tomé pour échapper aux difficultés politiques et économiques de leur pays. L’exil était parfois volontaire, parfois forcé.
La morna "Sodade" a été composée sur l'île de São Nicolau, en 1954, au moment du départ d'un groupe d'émigrants vers les fermes de São Tomé et Príncipe. C'était un groupe de quatre personnes originaires de Praia Branca, José Nascimento Firmino, José da Cruz Gomes et le couple Mário Soares et Maria Francisca Soares, le premier "envoi" d'émigrants de São Nicolau vers São Tomé et Príncipe.
Les adieux musicaux étaient courants à l'époque et chargés d'émotion, car si le départ était une certitude, le retour ne l'était pas autant. "Sodade" décrit le dilemme entre devoir partir et vouloir rester dont souffrent les émigrés cap-verdiens en général, et en particulier via des contrats de "semi-esclaves" pour les plantations de cacao et de café de São Tomé et Príncipe.
EN CRÉOLE |
EN FRANÇAIS |
Dans les restaurants quand il y avait un orchestre, il avait toujours des chansons de Cesária qui y étaient interprétées.
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Là haut dans le ciel tu es une étoile |
Terre pauvre remplie d’amour |
Tant de nostalgie |